JEAN FAUTRIER 1898-1964

Biographie

Jean Léon Fautrier, né à Paris en 1898, part vivre avec sa mère à Londres en 1907. Cinq ans plus tard, il intègre la Royal Academy, institution britannique dont l'objectif est de promouvoir les arts visuels par le biais d'expositions, de l'éducation et de débats. L'artiste retourne en France quelques années plus tard.

Au cours des années 1920, Fautrier fait d'Andrée Pierson son premier modèle. Il voyage également en Europe entre 1920 et 1921. En 1924, sa première exposition personnelle à la galerie Visconti provoque l'enthousiasme. Il expose également la même année ses premiers tableaux à la galerie Fabre. Son style est alors proche du post-expressionnisme de la Nouvelle Objectivité allemande. 

En 1929, l'artiste est contraint d'enchaîner différents emplois afin de faire face à la crise qui n'épargne pas le monde de l'art. En parallèle, il continue de pratiquer la sculpture avec de nombreux nus, portraits ou têtes.

En 1937, Fautrier se remet à peindre des paysages, des glaciers, des lacs de montagne, des couchers de soleil, on y retrouve d'ailleurs l'influence de Turner.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'artiste participe aux salons parisiens et expose à la galerie Alfred Poyet, en juin 1942. Il commencera également à peindre sa série des Otages, inspirée de la guerre.

En 1945, les Otages sont présentés à la galerie René Drouin avec une préface d'André Malraux. L'exposition rencontre un franc succès avec un thème "vibrant d'actualités".

En 1950, Fautrier et son épouse, Janine Aeply, mettent au point une technique de reproduction dit "originaux multiples", associant reproduction chalcographique (art de la gravure sur cuivre) et peinture. Les années suivantes, il travaille également sur l'illustration de différents ouvrages, dont L'Alleluiah de Georges Bataille. En 1951, Fautrier est associé à des artistes tels que Jean Dubuffet ou Henri Michaux par le critique Michel Tapié lors d'une exposition "informelle" sous le nom de signifiants de l'informel.

En 1955, à la galerie Rive Droite à Paris, il expose la suite de tableaux Objets qui comprend plusieurs natures mortes. L'année suivante il expose de nouveau avec sa série Nus, contenant une préface de Francis Ponge.

Jusqu'à sa mort, Fautrier réalise des tableaux plus structurés où se superposent des stries, des lignes colorées et des grilles à plusieurs côtés. Il s'inspire de ses œuvres antérieures en reprenant des motifs d'anciennes séries. 

En 1960, l'artiste reçoit le grand prix de peinture de la 33e Biennale de Venise. Il reçoit également le grand prix en 1961 de la 7e Biennale de Tokyo. 

Jean Fautrier s'éteint en juillet 1964 à Châtenay-Malabry.

 

Œuvres