KEES VAN DONGEN, Un coup de vent

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En 1897, lors d'un premier séjour à Paris, Kees Van Dongen découvre la presse illustrée et l'imagerie populaire qui le marquent profondément. Impressionné par les illustrations de Théophile-Alexandre Steinlen représentant la vie parisienne, il perçoit l'impact social du dessin, entre dénonciation et caricature. De retour en Hollande, à Rotterdam, il applique cette nouvelle vision à ses propres dessins en illustrant les quartiers malfamés de la ville, le Zandstraat. Un peu plus tard, en 1899, Van Dongen épris de liberté, décide de s'installer définitivement à Paris qui incarne pour lui un idéal anarchiste. L'artiste dont la carrière peine à démarrer, se tourne rapidement vers l'illustration caricaturale qu'il a découvert deux ans auparavant. A partir de l'année 1901, plusieurs hebdomadaires satiriques, tels que "L'assiette au beurre" ou encore "Le journal pour tous" s'intéressent à ses dessins montrant la réalité des quartiers populaires parisiens. Van Dongen se fait le porte-parole de l'oppression sociale et dépeint une société dont la figure des hommes et des femmes issus de milieux défavorisés sont au coeur de ses oeuvres.
"Un coup de vent" est un parfait exemple des dessins de presse que l'artiste réalise à cette période. Cette oeuvre est unique, elle fut commandée pour le supplément de l'hebdomadaire "Le Journal pour tous" le 5 décembre 1901 afin de figurer dans les pages du numéro.

Van Dongen, fasciné par le monde urbain saisit une scène de rue représentant une jeune élégante par un temps pluvieux et nous immerge directement dans le Paris de la belle époque. L'atmosphère de cet instant est retranscrite par un ingénieux collage de papiers contrastant avec un dessin appuyé de lavis d'encre noire. Cet épisode est capturé de manière furtive, les traits du dessin sont vifs et appuyés et traduisent le mouvement rapide de la rue.
Van Dongen adopte un point de vue singulier. Observée d'en bas, il donne au spectateur, l'impression que cette femme vêtue d'un grand chapeau et d'une jupe bouffante, l'invite sous son grand parapluie. Particulièrement attirante et envoûtante, elle est ici le sujet principal de ce dessin permettant ainsi à l'artiste, à la pensé révoltée, d'y introduite une pointe d'ironie. La légende, ajoutée en bas à droite du dessin évoque les personnes défavorisées n'ayant que leurs yeux pour admirer les mollets élancés et les élégants frou-frou des belles Parisiennes.