FRANÇOIS-XAVIER CHANIOUX

Biographie

Tours 1982

La force de toute chose, idée, image ou forme n'est pas dans l'objet tel qu'on le perçoit. Cette force se situe bien avant, ou quelques instants auparavant. Quelques millièmes de secondes avant. Pendant sa construction. Lorsqu'elle transite par notre esprit. C'est dans cet instant que se crée l'idée de mouvement. Cette idée est une projection mentale, une projection de ce qu'il devrait y avoir.
L'expérience de réalisateur m'a amené à composer et décomposer une réalité cadencée à 24 images par seconde, mais qu'existe t-il entre les images? Il y a dans cet interstice, un jeu, une respiration dans laquelle je m'engouffre. Un jour qui met en lumière la fragilité de notre représentation du monde.
L'espace plastique que j'aborde est l'espace qui existe entre les images, entre les instants et entre les états. Entre la réalité donnée et sa transformation passée ou prochaine. L'entracte serait l'étape de mutation des événements perceptibles ou des processus perceptifs. L'étape de construction du réel, moment charnière ou il bascule de l'imperceptible au discernable. Ma démarche s'articule autour du furtif et de son immatérialité. Je m'intéresse aux phénomènes optiques propres à la photographie et la vidéo et les transpose dans le champ sculptural. L'éphémère, l'instantanéité, l'écho, la vitesse, les distorsions et la persistance rétinienne sont au coeur de mes préoccupations.
Les objets que je représente et mets en scène sont issus d'une distorsion de la lumière, de la matière ou de l'esprit. Devenus palpables, un reflet, un mirage, le mythique rayon vert, le phénomène de flou du mouvement ne relèvent plus de dysfonctionnements optiques. Ils perdent leur caractère trompeur, leur visage de fantômes et sont élevés au rang de témoin, ceux d'une réalité en construction, d'un genre de réalité alternative.
J'éprouve l'instabilité de notre perception à travers ces interstices, moments indéfinissables entre deux états, espaces arpentés par des illusions et des chimères abstraites. Il existe entre les images, des sensations, des projections mentales nécessaires à toute construction. Les formes et images que je présente sont sensées caractériser ces fabulations de l'esprit.
À la manière d'un arrêt sur image, ces objets incarnent l'instant précaire pendant lequel s'articule un glissement du réel.

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