AIMÉ FÉLIX DEL MARLE

Pont-sur-Sambre 1889 - Courbevoie 1952

La carrière de Félix Del Marle s'organise autour de deux périodes principales, l'une futuriste, l'autre néo-plastique. Del Marle, très intéressé par le Manifeste de Marinetti publié le 20 février 1909 dans Le Figaro, fréquente à Paris les peintres futuristes Boccioni et Severini. Il fait sienne leur théorie mais donne à celle-ci une résonance locale lorsqu'il publie le 13 juillet 1913 son Manifeste futuriste à Montmartre, antipasséiste et moderniste : "Il faut détruire Montmartre et dégager toute la beauté neuve des constructions géométriques, des gares, des appareils électriques, des aéroplanes". Les tableaux qu'il fait à cette époque exaltent la vitesse, la vie industrielle (Le Port, 1913), l'animation de la rue (Le Boulevard, 1913), dissocient les rythmes en éléments juxtaposés (La Patineuse, 1913).
Del Marle est le seul artiste français à adhérer pleinement au mouvement. La Première Guerre mondiale interrompt cette agitation et, bien que vantée par Marinetti comme acte futuriste suprême, elle est pour Del Marle une expérience décevante qui oriente sa réflexion vers le rôle social de l'art.
Vers 1918, il pratique le photocollage pour des publications satiriques. Ses rencontres avec Kupka, puis avec Mondrian et Van Doesburg en 1922 sont décisives. Il adhère alors au groupe De Stijl dirigé par ces derniers et conservera jusqu'à la fin de sa vie, malgré une période de retour à la figuration, les principes de la composition néo-plastique définis par Mondrian : primauté des lignes verticales et horizontales, couleurs pures en aplats.
Mais Del Marle insiste dans la revue Vouloir, à laquelle il participe dès sa création en 1924, sur l'intégration de l'art dans la vie collective et quotidienne ; il réalise alors des meubles et des décorations intérieures. Del Marle est l'auteur, avec Jean Gorin, de la polychromie néo-plastique des usines Renault à Flins (1952). Il est, en outre, l'un des fondateurs du Salon des réalités nouvelles (1946).

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