FRANCIS PICABIA

Paris 1879 - Paris, 1953

Francis Picabia, né en 1879 est un artiste peintre qui accompagna les grands bouleversements de la peinture du XXe siècle. À l'âge de 7 ans, sa mère décède de la tuberculose, le dessin et la peinture furent alors pour lui un refuge et un moyen de surmonter son deuil. « Entre ma tête et ma main, » dit-il en 1922, « il y a toujours l'image de la mort ». En 1895, il commence son apprentissage à l'Ecole des beaux-arts de Paris ainsi qu'à l'Ecole des arts décoratifs où il côtoie Braque et Marie Laurencin. Ce n'est qu'après 1902 qu'on ressent dans la peinture de Picabia l'influence de Pissarro, et surtout celle de Sisley. C'est alors que commence sa période impressionniste. Il expose au Salon d'Automne et au Salon des Indépendants, ainsi qu'à la galerie d'avant-garde de Berthe Weill. Succès et notoriété ne tardent pas. L'approche de Picabia est en adéquation avec les concepts symbolistes-synthésistes de la fin du XIXème siècle : l'art n'est pas considéré comme une reproduction de la nature mais plutôt comme l'expérience émotionnelle de l'artiste face à celle-ci, exprimée de façon subjective dans une synthèse de formes et de couleurs. Cependant, il remet peu à peu en cause les valeurs plastiques qui lui ont valu son succès grandissant et rompt définitivement avec cette approche impressionniste en 1908, après sa rencontre avec Gabrielle Buffet, une jeune musicienne d'avant-garde, qui sera pour lui un stimulant intellectuel tout au long de sa vie.
En 1909, il s'intéresse au cubisme et à l'orphisme. Le travail de Marcel Duchamp, en particulier, l'impressionne. Ensemble, en 1912, ils créent la Section d'Or, une ramification du cubisme. Picabia profite de son indépendance financière pour jeter les bases de son art et créer ses premières oeuvres abstraites, mêlant l'intensité de couleur du fauvisme aux tons plus assourdis du cubisme.
En 1913, il part pour New York où il participe à l'Armory Show et y défend l'art européen. En 1916, il se rallie au dadaïsme et se fait propagateur du mouvement avec André Breton à Paris, après sa rencontre avec Tristan Tzara à Munich. Cependant, en 1921, Picabia rompt avec ce mouvement au profit du surréalisme.
Au début des années 1940, Picabia s'installe dans le Sud de la France, et son œuvre prend encore un autre tournant, il se passionne à présent pour le cinéma et la photographie ; s'inspirant de photographies de revues érotiques des années trente, il réalise une série de toiles d'un réalisme appuyé et d'un faux académisme.
Après la Seconde Guerre mondiale, il revient à Paris dans la maison où il a passé son enfance. Il renoue avec l'abstraction et écrit de la poésie jusqu'à sa mort en 1953. Tantôt expressionniste tantôt abstrait, Francis Picabia incarne un art libre et anticonformiste en perpétuelle révolution.

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